Une petite séance (à peine) imaginaire de coaching où une cliente, Gertrude, vient pour lever un frein à son activité de coach : elle n’arrive pas à choisir une cible client.

Coaching (à peine) imaginaire sur le choix d'une cible client

Bonjour, qu’est-ce qui vous amène ?

Bonjour, je venais vous voir parce que j’ai un souci dans mon métier de coach, je n’arrive pas à choisir de cible. En fait ce n’est pas vraiment que je n’y arrive pas, c’est que le concept même de choisir une cible me met mal à l’aise, je me sens enfermée, cantonnée à quelque chose alors qu’il y a tellement de possibilités qui s’offrent à moi.

(silence)

Oui c’est ça enfermée, prisonnière, obligée de ne faire qu’une seule chose et de ne traiter qu’un sujet, alors qu’il y a tellement de sujets qui m’intéressent et que je voudrais traiter…

Si je comprends bien vous n’arrivez pas à choisir de cible dans votre profession de coach parce que cibler vous enferme, c’est bien ça ?

Oui tout à fait, ça m’enferme, cela m’oppresse, ça va même jusqu’au stress, ça ne me rend pas bien.

En quoi est-ce un souci de ne pas choisir cette cible ?

Pour moi personnellement ce n’est pas un souci, ça serait même parfait s’il ne fallait pas le faire… Malheureusement tout le monde me dit qu’il faut en choisir une.

Tout le monde ?

Oui, d’autres coachs, des amis entrepreneurs, dans les livres sur l’entrepreneuriat que j’ai lu, vraiment partout ils disent que si l’on veut réussir il faut choisir une cible, que c’est la base quand on se lance.

Il faut choisir ?

Ben si on veut réussir dans son métier oui, apparemment, enfin c’est ce qu’on préconise.

Qui est ce « on » ?

Plein de monde, des gens qui sont censés être compétents dans la création d’entreprise, des conseillers, dans les livres sur l’entreprenariat, même sur etrecoach.com c’est dit.

Vous connaissez d’autres coachs ?

Quelques un oui, j’en ai rencontré durant mes formations ou sur les réseaux sociaux.

Il y en a parmi eux qui n’ont pas choisi de cible ?

Oui et non, les seuls que je connais qui n’ont pas choisi de cible sont en fin de certification donc ne travaillent pas encore ou exercent depuis peu et n’arrivent pas à trouver de clients…

Pour que je comprenne bien, pourriez-vous m’expliquer exactement ce que c’est que « choisir une cible » ?

Alors, heu… ce serait choisir un sujet à traiter, des personnes bien particulières à qui parler, connaître mon client idéal, des choses comme ça.

Et en un peu plus détaillé, concrètement cela consiste en quoi et c’est censé faire quoi ?

hum… ce n’est pas très clair pour moi, même un peu confus, vous l’expliquer c’est un peu dur, j’ai peur de ne pas être très clair.

Et si c’était clair ?

(silence)

En gros cela consiste à déterminer avec qui on souhaite travailler, son client idéal, mais aussi les sujets que l’on doit traiter. En gros c’est définir un portrait robot de ce client : son âge, son sexe, la région où il habite, ses revenus, où il travaille, etc…

Cela est censé faire trouver des clients en réduisant le nombre de personnes à qui l’on parle…

En le disant je me rends compte que c’est pas logique, voir illogique…

Illogique ?

Oui, parler à moins de personnes est supposé ramener plus de clients… Au contraire, on devrait parler à beaucoup plus de personne pour avoir plus de chance d’en gagner…

Et si c’était logique, comment vous pourriez comprendre le fait que parler à moins de personne ramène plus de clients ?

(silence)

Vous pourriez répéter la question ?

Si le fait de parler à moins de personne ramenait plus de clients était logique, comment le comprendriez-vous ? Qu’est-ce qui pourrait faire que ce soit logique ?

(silence)

hum… je vois pas trop là…

Et si vous voyez ?

(long silence)

Me permettez-vous de vous proposer une métaphore ?

Oui, bien sûr.

Imaginez que vous deviez vous habiller pour partir le matin et que vous souhaitez vous accorder sur la couleur bleu. Vous avez 2 endroits où vous rangez vos hauts :

Un grand coffre où ils sont empilés les uns sur les autres, et où vous en avez plus d’une centaine de toutes les couleurs dont une dizaine de bleu…

Et 3 tiroirs  dans lesquels vous avez rangé 20 hauts que vous mettez souvent car ce sont eux qui vous plaisent le plus. 2 couleurs par tiroirs et vous savez que 3 hauts bleus se trouvent dans celui du milieu.

Vous iriez chercher où ce haut bleu pour ce matin où vous êtes pressée ?

Dans le tiroir, naturellement !

(silence)

A ok, effectivement je vais chercher là où je sais que j’ai le plus de chance de le trouver rapidement, et pourtant je sais qu’il y en a moins dedans. Mais c’est parce que vous avez présupposé que je voulais du bleu…

C’est tout à fait exact… Comment avez-vous fait pour vous habiller ce matin ?

J’ai choisi quoi me mettre par rapport au temps qu’il allait faire.

(silence)

Ok, j’ai choisi…

Dans le cas du choix de cible c’est différent, si je choisis je m’enferme, je me restreins, ça m’empêche de faire d’autres choses qui me plaisent…

Ca vous enferme, ça vous empêche de faire d’autres choses, en quoi est-ce différent d’avoir choisi vos vêtements ce matin ?

(silence)

Ben différent parce que quand je choisis mes vêtements le matin c’est pas pour toute ma vie, c’est juste pour aujourd’hui, et encore, je peux me changer le soir si je sors…

En même temps je mets du temps à choisir faut bien le dire (sourire), voir des fois ça me stress (sourire), mais ça ne m’enferme pas d’avoir fait ce choix, pas comme choisir cette cible…

Vous ne m’aviez pas dit que choisir cette cible c’était pour toute votre vie, si je comprends bien une fois que vous avez fait ce choix de cible vous ne pouvez plus en changer ? 

(silence)

… Si, je peux en changer si je veux, rien ne m’oblige à garder cette cible…

Comme pour vos vêtements en fait ?

(silence)

oui, tout à fait…

En fait c’est juste un choix que j’ai à faire,  je peux changer si ça ne me convient pas.

En y réfléchissant je peux même rajouter des cibles après, rien ne m’en empêche !

Bon maintenant reste à le faire ce choix…

(sourire)

Et si vous faisiez ce choix ce serait quoi ?

A suivre…

– – –

Une question pour vous, cher lecteur :
quel serait votre commentaire sur le sujet ?

 

7 COMMENTAIRES

  1. On peut aussi d’abord choisir ce qu’on ne veut/peut pas faire pour éliminer des cibles et en descendant petit à petit dans l’entonnoir on finit par trouver une liste plus restreinte. Ensuite, on classe le top 10, le top 5… et on s’arrête quand on sent que c’est bon. Je fais toujours ça quand j’ai trop de choix qui s’offrent à moi et que je n’arrive pas à démarrer. Et puis c’est tout aussi efficace en séance avec nos coachés non :-)

  2. Une autre démarche, complémentaire à l’introspection, serait de revisiter votre parcours scolaire, professionnel et personnel : qu’est-ce-qui a motivé le choix de telle filière, de telles études puis de tels postes, de tel engagement ? En quoi cela vous a plu ? qu’est-ce-que cela vous a apporté ? et, à contrario, pourquoi avoir rejeté telle filière, telles études, tels postes ? Qu’est-ce-qui ne vous convenait pas ?

    Ainsi, vous travaillerez sur vos valeurs (et donc sur ce qui vous motive) et sur vos antivaleurs qui vous amèneront vers ce qui est important pour vous et vers votre expertise. De plus, vous vous rendrez compte de l’existence d’un fil conducteur de votre vie et que les choses ne se sont pas faites par hasard. Que vous avez fait des choix !

  3. Du coup, grâce à ce coaching, on diminue le stress lié au choix de la cible.
    Mais c’est pas pour autant qu’on trouve la cible qui nous correspond, et à qui on va plaire.
    Adéquation Homme/Projet. Là est la clé. Mais ce n’est toujours pas facile pour autant, pour cela il faut se connaitre et savoir en quoi on est différent, en quoi on est «meilleur» que les 100 millions d’autres coachs. Au boulot d’introspection!

    • Merci Pierre pour ce commentaire intéressant.

      Vous avez raison de parler du prérequis à ce choix de cible : se connaitre et faire émerger sa passion.

      100 millions de coachs cela me donne beaucoup de lecteurs à toucher, chouette ;-)

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